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Vis ma vie d’entreprise à mission
Episode 1 : La quête

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Devenir une entreprise à mission relève-t-il du parcours du combattant ou de la quête philosophique ? Anne de Saint-Périer, directrice de la com’ de GlobeSailor, entreprise en pleine introspection, nous raconte ici son ressenti et ses atermoiements.

Je m’appelle Anne, j’ai 35 ans, je gère la com’ de GlobeSailor, une agence de voyages pas comme les autres, qui promène des bateaux à voiles partout dans le monde, pour que des milliers de chanceux puissent profiter de tout. Sur l’eau. Il est chouette mon métier. La mer et les bateaux, c’est plutôt gai. Mais, depuis un moment je me dis que mon métier est trop agréable. Et pas assez utile. C’est un problème car avant j’aimais beaucoup que mon métier soit très agréable. Mais maintenant je préférerais qu’il soit utile. Il paraît que ça s’appelle le sens.

A la maison, je suis très écolo. Je sacrifie tous mes plaisirs (devenus coupables) sur l’autel de la préservation de l’environnement : plus de nutella, plus de bains, plus de voyages en avion. Mais dans mon boulot c’est comme si l’écologie n’existait pas. Il y a un problème de cohérence. Alors j’ai décidé de placer l’écologie au cœur de mon métier. D’en faire une question centrale. Une mission principale. Comme ça tout ira dans le bon sens. Ma vie et pro et ma vie perso mettront le cap sur la logique. Puis comme mon travail est agréable, et qu’il lui manque seulement l’utile, je pourrai joindre l’utile à l’agréable. Et hop. Symbiose, explosion de bon sens.

Puis quand on envoie chaque année des milliers de vacanciers sur l’eau, ça ne parait pas déconnant, de s’intéresser à l’environnement. Alors je me suis demandé ce que cela impliquait, de tenir compte de l’écologie chez GlobeSailor. Comment on fait ? Qu’est-ce qu’on fait ? J’ai demandé à Coco, j’ai demandé à Gweno, j’ai demandé à Thomas.

Les avions. Les clients partent en croisière à l’étranger. Ils y vont en avion. Il ne faut plus prendre l’avion. Bon. C’est mal parti. Plus d’avions, plus de clients, plus de clients, plus de bateaux, plus de bateaux, plus d’agence, plus d’agence, plus de travail. Donc est-ce que c’est vraiment une bonne idée de supprimer les avions ? Je pose la question. Dilemme. Ils disent qu’on peut aussi faire d’autres choses. Mais l’avion c’est le plus gros impact.

Je demande à Roland. La compensation carbone des billets d’avion en plantation d’arbres c’est un pansement sur une jambe de bois. Sido sait que les entreprises qui dépossèdent les paysans de leurs terres aux antipodes pour y planter le bois de leur compensation carbone, coupent ensuite ce bois pour le revendre.

Ça va être compliqué tout ça. Anne-Laure conseille les sociétés à missions. On inscrit dans les statuts de l’entreprise que celle-ci s’engage à avoir un impact environnemental et sociétal positif dans le cadre de ses activités économiques. C’est gravé dans la pierre quoi. Ça ne résout pas mon gros problème d’avions, mais c’est une piste.

Guillaume parle de l’association des sociétés à missions. Encore une piste. Dans l’asso il y a peut-être une agence qui vend de l’avion. Je pose la question. Est-ce qu’il y a une agence qui travaille dans le tourisme. Et puis c’est quoi, concrètement, une société à missions. Comment on fait ? Qu’est-ce qu’on fait ?

Mon patron lui, il est d’accord avec moi. Ça peut plus durer la schizophrénie. Bien sûr qu’il veut du sens. Et oui, il y a urgence. On embarque l’écologie au bureau et sur les bateaux. Mais les avions, c’est pas la question. L’avion c’est une part d’un tout. Il y a d’autres choses à faire, et on va les faire. On va faire tout ce qu’on peut.

Est-ce qu’il a raison le patron ? Recherche Google : qu’est-ce qui pollue le plus ? « D’après l’étude de l’Observatoire du Bilan Carbone des français, le transport représente 54% des émissions de CO2 d’un ménage. C’est donc par là qu’il faut commencer si l’on veut réduire son empreinte carbone. 42% des émissions de CO2 d’un ménage français viennent de la voiture. Priorité donc : rouler moins. L’avion représente quant à lui en moyenne 11% de ces émissions. » Source d’E-rse.net.

Moins de voitures. Le train alors. Conseiller le train à ceux qui prennent leurs voitures pour partir en vacances avec nous. Et proposer le train à ceux qui pourraient remplacer leur avion par le train. Mais du coup ça fait plus d’électricité, d’énergie nucléaire, de déchets radioactifs. Comment savoir ? Qui sait ? Je vais chercher aussi quelqu’un qui sait. Si vous connaissez, n’hésitez pas.

Il va falloir devenir experts. Ça va demander beaucoup de travail tout ça. Ça fait déjà deux fois que j’écris cet article pour avancer sur le sujet. Il est minuit 13 donc bravo. Mais c’est intéressant. Et ce qui est intéressant est agréable. Après ça fait quand même peur. On ne sait pas dans quoi on se lance. Mais y a mon patron qui est là. Y a la Colloc. Alors je ne suis pas toute seule. Et puis il faut relancer l’association des sociétés à missions qui n’a toujours pas répondu. Ça serait super qu’ils soient pris d’assaut par toutes les entreprises de France. Et que ça soit pour ça qu’ils mettent du temps à revenir vers nous.

Anne de Saint-Périer

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