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Parentalité en entreprise
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Le téléphone sonne. C’est le numéro de l’école de votre fils qui s’affiche. Il a 40°C de fièvre. Vous laissez tout tomber et quittez votre bureau pour aller le chercher. Tout parent a déjà vécu ce scénario et en fonction des postes ou des entreprises, il se termine plus ou moins bien. La problématique de « l’enfant malade » est simplement l’un des nombreux exemples de la parentalité en entreprise. Tour d’horizon de la question et des premières actions mises en place.

Être parent implique, notamment, d’être présent et disponible pour son enfant, pour sa famille. L’entreprise exige que l’on soit également présent et disponible pour son travail. Alors que faire ? Crier à l’incompatibilité ? Déposer les armes et retourner sous la couette ? Et si on essayait plutôt de trouver un équilibre ? Voilà le cœur de la réflexion autour de la parentalité en entreprise. Comment concilier les deux mondes, la vie privée et la vie personnelle ? comment s’épanouir sur les deux plans et rester maître de ses nerfs ?

Une problématique sociétale

Une enquête sur la prise en compte de la parentalité au travail réalisée par le Conseil supérieur de l’égalité entre les femmes et les hommes (CSEP) et l’Institut BVA en 2019 révèle que «  seuls 6% des parents ont le sentiment de pouvoir profiter tout à fait de leur enfant autant qu’ils le souhaiteraient, mais dans le même temps, plus de 70% des pères et des mères se disent satisfaits en termes d’articulation de leur vie familiale et professionnelle. » Pourquoi ce paradoxe ? La vie de famille est-elle vue comme un frein à la réussite professionnelle ? Ou bien la répartition des tâches traditionnelle, papa travaille, maman pouponne, a-t-elle la dent dure ? L’enquête rapporte également que « 78% des pères ont pris leur congé paternité dans leur intégralité (seulement 47% des cadres dirigeants), mais, à l’arrivée d’un enfant, ils ne sont que 6% à réduire ou à arrêter leur activité contre 50% des mères. (…) 55% des mères disent prendre majoritairement en charge les responsabilités parentales et la charge mentale associée contre 8% des pères. » Avancer sur la question de la parentalité, c’est avancer sur la question de l’égalité femmes-hommes dans le monde du travail. Le fait d’être parent n’implique pas uniquement les femmes dans le monde du travail. Les hommes devraient également pouvoir revendiquer ce droit, s’en emparer, et s’impliquer ainsi de manière plus active dans la vie quotidienne de leur foyer. En invitant la parentalité en entreprise, on permet que femmes et hommes naviguent de manière fluide entre sphères privée et professionnelle.

Quel rôle pour l’entreprise ?

L’Observatoire de l’Equilibre des Temps et de la Parentalité en Entreprise (OPE) rapporte lui que 71 % des salariés « affirment manquer de temps au quotidien. (…) Une grande majorité des salariés (64%) considère leur employeur ne fait pas beaucoup de choses pour les aider à équilibrer leurs temps de vie [ndr : professionnelle et personnelle]». Stress, manque d’énergie, désengagement, la sensation de « manquer de temps » peut provoquer de nombreux problèmes au quotidien. Certaines entreprises commencent à prendre en compte le bien-être de leurs collaborateurs, en écoutant leurs besoins et problématiques. Elles ont compris que la santé physique et mentale de leurs salariés a des conséquences directes sur leur fonctionnement. Moins de turn-over et d’absentéisme, plus de résultats, des équipes plus soudées… La parentalité, et les ajustements qu’elle nécessite, apparaît alors aux yeux de certains comme un sujet incontournable du bien-être en entreprise.

Premiers pas vers un nouveau modèle

Dans cette optique, l’OPE a édité une charte de la parentalité (signée par 500 membres dont plusieurs grandes entreprises). Parmi les mesures proposées pour intégrer la parentalité à la politique interne de son entreprise, on retrouve l’aménagement ponctuel des horaires en cas de problèmes familiaux ; le travail à temps partiel facilité et l’aménagement des congés parentaux sans impact négatif sur l’évolution professionnelle ; l’entretien pré et post congé de maternité et paternité etc.. L’OPE a également édité un guide qui explore de nombreuses pistes, abordées sous trois angles particuliers, entreprises et pouvoirs publics.

D’autres acteurs se préoccupent de cette question. Nova Vitam, cabinet de consultants en parentalité, imagine différents services qui s’adressent à l’entreprise (ateliers RH, accompagnement de cas particuliers PMA etc.. au sein d’une équipe) et aux particuliers (conférences, ateliers, entretiens individuels). Aurélia du Pasquier, co-fondatrice, explique dans le HuffPost que l’entreprise doit s’adapter aux parents, et pas seulement aux mères, pour progresser en matière d’égalité femmes-hommes. Autre initiative, Ma Bonne Fée propose des solutions de garde pour parents actifs (garde enfant malade – cqfd – réunions tardives, nurses de nuit). Delphine Cochet, cofondatrice de Ma Bonne Fée viendra à La Colloc le 17 octobre pour approfondir le sujet.

Ces intervenants militent tous en faveur d’une stratégie globale de l’entreprise pour intégrer la parentalité. Plusieurs entreprises ont d’ailleurs déjà compris l’intérêt de cette thématique. Certaines remboursent les frais de garde d’enfant en cas de déplacement professionnel ou de réunions tardives, d’autres financent à 100% le congé maternité et paternité de leurs employés, ou aménagent les horaires des femmes enceintes à partir des premiers mois de grossesse. Dernier coup d’éclat en date, celui du groupe Kéring, déjà très actif sur le sujet, qui a mis en place en septembre 2019 un congé paternité de 14 semaines (le congé de base étant de 11 jours), pour la naissance ou l’adoption d’un enfant.

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