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Let’s talk about theatre – 11 idées de sorties

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– Une sélection engagée

La Colloc, le Théâtre de Lorient et Sorties de Secours ont souhaité vous donner envie d’aller au théâtre. Sur le thème de l’engagement – notre thématique de la saison – Solène Bodereau, du Théâtre de Lorient, et Isabelle Nivet, de Sorties de Secours, vous présentent onze spectacles qui poussent à s’engager !

1 – La vie des Bord(e)s, le 2 novembre, au Théâtre du Blavet – Inzinzac-Lochrist
2 – Tous des oiseaux, du 7 au 11 novembre, au TNB – Rennes
3 – Les idoles, du 23 au 28 novembre, au TNB – Rennes
4 – Les Démons, du 5 au 6 décembre, au Grand Théâtre – Lorient
5 – Ma langue maternelle va mourir et j’ai du mal à vous parler d’amour
6 – A nous deux maintenant, du 23 au 24 janvier, au Grand Théâtre.
7 – Syndrome U, du 31 janvier au 1er février, au CDDB – Lorient
8 – Infidèles, de 26 au 27 février, au CDDB – Lorient
9 – Camarades, du 15 au 16 mars, au CDDB – Lorient
10 – Franchir la nuit, le 22 mars, au Grand Théâtre – Lorient
11 – Un ennemi du peuple, du 27 au 28 mars, au Grand Théâtre – Lorient

1 – La vie des Bord(e)s, le 2 novembre, au Théâtre du Blavet – Inzinzac-Lochrist

On commence avec La vie des Bord(e)s, un conte électro pop, à voir avec ou sans enfants, à partir de 7 ans. Un « projet de ré-ensauvagement » du duo Nina Fisher (rien à voir avec la famille Fisher de la série « Six feet under ») et de l’association Perspective Nevski (rien à voir avec Saint-Petersbourg). On ne sait pas encore beaucoup sur ce projet qui s’est construit autour de la notion de mauvaise herbe : « La mauvaise herbe est par essence en contradiction, se plaît à pousser n’importe où, surtout là où on ne l’attend pas ; elle revêt des formes biscornues ; elle pique ou gratte ; on lui reproche d’étouffer les bonnes herbes, celles dressées selon un schéma et un ordonnancement appropriés. Elle est par essence indomptable, incontrôlable, la preuve irréfutable de la puissance de la nature. Or, ce qui nous intéresse dans le concept de mauvaise herbe, c’est sa résistance à l’intérieur même d’un système, sa capacité à créer des brèches, des espaces indéfinissables, sans pour autant chercher à éliminer le macro système dans lequel elle s’épanouit. Elle est en marge, mais elle n’est pas en dehors ». Ça c’est ce qu’a écrit Sandrine Roche sur ce projet, l’histoire d’un royaume où l’apparition d’une fleur inconnue va fissurer les bases d’une organisation. La forme finale se situera entre concert, installation et performance, et croisera jeu et musique, avec ce groupe électro + textes, Nina Fisher, donc, qu’on vous invite à découvrir sur YouTube, où il y a quelques titres, dont celui-ci :

> Dans le cadre du festival Les Salles mômes, au Théâtre du Blavet (TRIOS), Inzinzac-Lochrist, vendredi 2 nov à 15h.

2 – Tous des oiseaux, du 7 au 11 novembre, au TNB – Rennes

Parce que c’est l’un des grands metteurs en scène de l’époque, et parce que c’est un spectacle très cinématographique, aux images fortes et, à l’histoire universelle. Le metteur en scène libano-canadien Wajdi Mouawad a pris la tête du Théâtre National de la Colline en 2016, il est l’auteur de cette pièce, créée la saison passée. Figure du théâtre contemporain, multi-récompensé, ce touche-à-tout multiplie les étiquettes, radio, cinéma, écriture, jeu, mise en scène, dépliant des projets tous plus créatifs les uns que les autres. Tous des oiseaux, c’est une saga, une grande histoire d’amour, celle de Wahida et Eitan. Elle est arabe américaine, il est juif allemand, ils se rencontrent à la bibliothèque de Columbia, elle fait des recherches sur Léon l’Africain, il est chercheur en génétique. Juliette et Roméo modernes, leurs familles ne sont pas faites pour s’entendre, ils vont pourtant se retrouver au chevet de Eitan, tombé dans le coma lors d’un attentat à Jérusalem… Se mêlent au plateau l’allemand, l’anglais, l’hébreu, l’arabe, dans la bouche de comédiens d’âges et de provenance variés. Au cœur des tempêtes du monde d’aujourd’hui, l’amour résistera-t-il ? Quatre heures de théâtre-fleuve, embrasé et engagé…

3 – Les idoles, du 23 au 28 novembre, au TNB – Rennes

Christophe Honoré, vous avez peut-être vu au moins l’un de ses films : 17 fois Cécile Cassard, Dans Paris, Les chansons d’amour, La belle personne, Non ma fille tu n’iras pas danser, Les bien-aimés,et le dernier en date Plaire aimer et courir vite, où il met en scène son propre parcours (joué par Vincent Lacoste), jeune étudiant à Rennes, tombé amoureux d’un auteur parisien, atteint du SIDA. Le SIDA, c’est le fil rouge des idoles, celles d’Honoré, des auteurs flamboyants et morts au pic de la maladie, dans les années 80. Jean-Luc Lagarce, Bernard-Marie Koltès, Hervé Guibert, Serge Daney, Cyril Collard, Jacques Demy. Honoré les réunit dans le décor d’une station de RER désaffectée (les scénographies d’Honoré au théâtre ont toujours force de symbole, très esthétiques, souvent monumentales). S’ils ne se sont pas forcément connus, ces auteurs, ou leurs fantômes se retrouvent pour deviser, de manière parfois très drôle, dans un hommage affectueux du cinéaste, qui a choisi de faire interpréter certains rôles par des comédiennes, Marlène Saldana (vue dans le dernier spectacle d’Honoré, Fin de l’histoire) pour Jacques Demy, ou Marina Foïs pour Hervé Guibert, un rôle où elle est paraît-il é-pa-tante.

4 – Les Démons, du 5 au 6 décembre, au Grand Théâtre – Lorient

Il s’agit d’une libre adaptation de l’œuvre épique de Fiodor Dostoïevski : Les Démons – 1500 pages. Il y a des livres comme ça qu’il faut qu’on lise, Les Démons en font peut-être partie… Mais voilà, c’est 1500 pages… Alors, certains ont vu le film Germinal au lieu de lire le roman. Eh bien on vous propose de voir la pièce au lieu de lire le roman 😉

Prémices du roman : Dostoïevski avait conçu Les Démons comme une œuvre polémique inspirée par un fait-divers, le meurtre à Moscou d’un étudiant par un certain Netchaïev à la tête d’un groupuscule révolutionnaire, La Vindicte du Peuple.

Dans la pièce, on suit les démons de NiKolaï Stravoguine, fasciné par le vice, on suit une bande de jeunes qui se rebellent contre tous les codes établis. Bande de jeunes qui veulent tout faire péter [Décor : sorte de squat avec des graffs pour nous mettre vraiment dans l’ambiance de cette bande de jeunes qui veulent tout faire péter], notamment le pouvoir communiste russe. Le spectacle questionne l’héritage des aînés, remet en cause l’église [croix en glace qui fond au lointain].

Tout commence dans une atmosphère joyeusement déjantée arrosée de champagne. Des verres sont même offerts aux spectateurs [dans les 1ers rangs bien sûr]. Nous sommes dans le salon de Varvara Pétrovna mère du héros principal, Nikolaï Stavroguine et protectrice de Stépane Verkhovenski, un intellectuel de gauche désargenté et âgé d’une cinquantaine d’années. Cette scène d’ouverture en pleine griserie est l’occasion de faire les présentations.

5 – Ma langue maternelle va mourir et j’ai du mal à vous parler d’amour

> Au Strapontin, Pont-Scorff, vendredi 7 déc à 20h30
> Au Théâtre du Blavet (TRIOS), Inzinzac-Lochrist, vendredi 18 jan à 20h30

Yannick Jaulin travaille autour de la parole, un terme plus générique parce qu’il n’est pas vraiment dans une case précise, et qu’il a tendance à mélanger le conte, la réflexion, le mythe, les témoignages, pour des résultats toujours passionnants sans être prise de tête. Il est le fondateur d’un événement :  Le nombril du monde, festival du conte, des menteurs et des bonimenteurs, à Pougne Hérisson, dans les Deux-Sèvres. Jaulin s’intéresse aux histoires, aux mots et aux langues, notamment les langues régionales, sauvagement et massivement éradiquées après-guerre. Et sa théorie, qui est loin d’être inintéressante, c’est qu’en perdant la langue que nous parlions enfants, ou que nos parents, nos grands-parents, nos arrière grands-parents parlaient nous avons perdu un medium. Cette langue originelle, c’est avec elle que nous ou nos ancêtres avons appris à exprimer nos émotions. Quoi de plus compréhensible, alors, que nous soyons parfois bloqués, mal à l’aise, paralysés à l’idée de le faire ? Que nos relations amicales, amoureuses, familiales, soient parfois si compliquées ? Un propos passionnant, à suivre en musique et en deux spectacles : « Ma langue maternelle va mourir et j’ai du mal à vous parler d’amour » (plus axé sur les langues régionales) et « Causer d’amour » (une plongée dans l’histoire amoureuse de Jaulin lui-même, après qu’il ait compris que son héritage familial et linguistique avait pu jouer un rôle dans la destruction de son couple).

6 – A nous deux maintenant, du 23 au 24 janvier, au Grand Théâtre

D’après le roman Un crime de Georges Bernanos. Résumé du roman : Un presbytère de campagne, un prêtre étrange et nouveau venu, et par une nuit lugubre, un crime.
– Quels rapports unissent le jeune curé de Mégère et Evangeline, la nièce de la châtelaine assassinée ?
– A quel mystère sordide, le juge Frescheville va-t-il être confronté ?

Après ce résumé, voici un témoignage du comédien et metteur en scène, Jonathan Capdevielle :
« Je suis natif des Pyrénées, près de Lourdes. J’ai passé mon enfance et mon adolescence dans un village de province. Je me suis frotté dès le plus jeune âge à ces personnages parfois emblématiques de la campagne, à leur franc-parler, à leurs traditions. Enfant, je garde le souvenir d’avoir été fasciné par la figure impénétrable du prêtre, que j’observais à l’occasion des mariages et des enterrements ou lorsqu’ils déambulaient en nombre dans les rues de Lourdes durant les pèlerinages du mois d’août. J’ai encore en moi ces atmosphères, ces images ; ce rapport tendre et difficile à l’arrière-pays résonne dans mon travail qui s’articule autour de l’autofiction »

Le roman et l’univers de Bernanos ont fait écho à sa vie, son histoire. Il a voulu adapter librement le roman en partant de lui et de son histoire. Une enquête policière, sur le plateau, teintée de mysticisme et de ruralité.

7 – Syndrome U, du 31 janvier au 1er février, au CDDB – Lorient

Imaginez un monde parfait. Une démocratie au sens le plus littéral. La Masse, agent informatique de l’opinion majoritaire, veille sur des citoyens connectés. Chaque habitant a tout ce qu’il lui faut : un chez soi, un travail, des loisirs. Grâce à un programme quotidien de taches, chacun gagne des points d’objectif et bénéficie, grâce à ces derniers, de points de divertissement. Le citoyen « hors norme » n’existe plus. Toute singularité est préjudiciable et vous fera perdre des points. Le spectacle Syndrome U s’ouvre dans l’appartement presque idéal d’un technicien chargé de réparer et reconnecter à La Masse les citoyens abimés. Des évènements vont avoir lieu et vont faire ressurgir de très anciennes questions : qu’est-ce que l’altérité ? qu’est-ce que la norme ? comment décide-t-on de faire société ensemble ? Il s’agit d’une fable allégorique, d’une comédie d’anticipation très bien menée et interprétée. Travail de la vidéo.

Le titre du spectacle fait référence au syndrome d’utopie, terme employé en psychothérapie. Il désigne la souffrance qu’engendre la quête sans fin d’une solution définitive et parfaite, solution qui par nature n’existe pas. Collectivement, la quête d’une démocratie parfaite, d’un système de société protecteur et paternaliste, ne nous expose-t-il pas à la souffrance d’un retour abrupt à la réalité ?

[Sur liste d’attente]

8 – Infidèles, de 26 au 27 février, au CDDB – Lorient

Le choix de ce spectacle pour aller un peu à contre-courant de la thématique de l’engagement…

La pièce veut être un hommage à Ingmar Bergman, et en premier lieu à Bergman, l’écrivain. Infidèles est basé sur le scénario du même titre de 1996 et sur Laterna Magica, l’autobiographie de Bergman, apparu en 1987. Dans son texte Infidèles, Bergman se met lui-même en scène, il entre en dialogue avec ses personnages et le « je » de l’écrivain est intégré dans la pièce. Cette exploration de la dimension autobiographique ne bascule cependant pas dans le voyeurisme, la confession ou le portrait psychologisant, mais illustre combien Bergman savait se montrer subtil et impitoyable en exposant les rapports humains. Tg Stan lui rend hommage.

9 – Camarades, du 15 au 16 mars, au CDDB – Lorient

Théâtre d’objets. 4 hommes racontent l’histoire de Colette, née au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, son enfance à Saint-Nazaire, ses études pendant Mai 68, ses voyages… A travers la figure de Colette, Camarades explore Mai 68, les années 70, les expériences collectives et communautaires, les luttes féministes, l’explosion de la culture de masse… La petite histoire dans la grande Histoire.

10 – Franchir la nuit, le 22 mars, au Grand Théâtre – Lorient

Sur scène 7 interprètes et une foule d’enfants. Et de l’eau. Scénographie et décor très impressionnants. Il s’agit d’un spectacle sur l’exil. Sur le côté du plateau, des vagues d’eau apparaissent, d’intensité différente. Des hommes et femmes se battent contre l‘élément de l’eau. En tête des images tragiques : tous ces migrants sur l’eau, Lampedusa, le petit garçon retrouvé échoué… Mais c’est un spectacle très poétique. Sur scène, des jeunes migrants et des mineurs isolés, vont avoir des ateliers chorégraphiques avec l’équipe durant plusieurs mois avant la représentation.

11 – Un ennemi du peuple, du 27 au 28 mars, au Grand Théâtre – Lorient

Création en mars 2019.
Deux frères : Tomas le médecin, père de famille enthousiaste et prodige et Peter, son aîné, le politique, vieux garçon frugal et hypocondriaque, aussi dissemblables que le jour et la nuit. Ils ont fondé ensemble « l’établissement des Bains ». Le développement de la petite ville dont Peter Stockmann est le maire en dépend ; Tomas est le garant scientifique des qualités curatives de l’installation. Mais l’expertise est formelle : les eaux sont empoisonnées. « L’établissement des Bains » n’est plus qu’un décor de théâtre. Le décor de l’affrontement inévitable des deux frères. Tomas, le plus jeune, veut divulguer l’information et en retirer de la gloire. Peter veut cacher la vérité et en retirer du pouvoir. Entre eux se dressera l’« Opinion » : celle de leurs proches, des voisins, des enfants, des journalistes, de la petite bourgeoisie…

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