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Nouveau Cap pour la Conserverie Belle-Iloise

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Nouveau Cap pour la Conserverie Belle-Illoise« Mon entreprise, quel impact ? »

Claire Glémau de The Boson Project est allée à la rencontre de Caroline Le Branchu (CLB), Président-Directrice Générale de la Conserverie la belle-iloise, qui interviendra le 30 janvier 2020 dans le cadre du rassemblement  « Mon entreprise, quel impact ? »

1.La Conserverie la belle-iloise a entamé une démarche de réflexion sur sa mission d’entreprise. Quel était l’objectif de cette démarche ? 

CLB : Dès 2018, nous sentions que l’entreprise était à un tournant, nous avions un cap mais celui-ci nous enfermait.  Nous avions le sentiment que notre stratégie ne nous permettait pas de prendre le bon virage dans un contexte de transformation permanent, qui plus est dans un marché de niches : la conserve de poisson haut de gamme.

Pourtant autour de nous, tout évolue très vite : la concurrence, notamment non-directe s’intensifie. Nous n’étions plus les seuls à proposer des concepts gourmands et gourmets. Notre client lui aussi change de comportements : il recherche du sain, du local, de la transparence, de l’éthique et du responsable. Je ne sais pas vous mais je ne fais plus les courses de la même manière, fini les grands caddies à 100 euros toutes les semaines.

Dans cet environnement mouvant, la Conserverie la belle-iloise avait déjà toute sa place mais nous avions une ambition pas suffisamment inspirante : « devenir le référent qualité dans le domaine des produits alimentaires liés à la mer ». C’était un peu court pour faire le grand virage dont nous avions besoin.

 

  1. Quelles ont été les étapes de cette démarche ? 

Nous avons d’abord pris conscience que nous n’arriverions pas à faire l’exercice tout seul. Nous nous sommes faits accompagner sur le sujet par un cabinet externe qui nous a aidé sur la méthode. La première étape a été de constituer un COPIL composé du Comité de Direction mais pas que ! Nous y avons convié 5 collaborateurs avec des profils très diverses et représentatifs des métiers. Au delà de travailler sur la mission d’entreprise, nous avons également travaillé surnos valeurs, non pas pour les changer mais pour qu’elles nous permettent de nous projeter vers le futur. En parallèle nous avons défini notre vision, notre rêve pour 2030 et l’avons décliné dans un plan d’action associé à un calendrier précis.

Le 2ème semestre a été dédié à la phase de communication. En interne, nous avons organisé 8 sessions de partage afin de permettre à l’ensemble des salariés mais également aux saisonniers de comprendre et commencer à s’approprier cette nouvelle mission.

Personne n’a été oublié et nous avons également réalisé une vidéo pour les vendeurs et vendeuses dans laquelle je m’adressais directement à eux.

Communiquer c’est bien mais c’est descendant. Pour que les gens s’approprient tout ça, nous avons associé à cette démarche l’organisation d’ateliers d’1 heure sur les valeurs.  Nous avons construit ces ateliers autour d’un Jeu de Time’s Up version interne et ça a été un succès.  Nous les avons déclinés pour une première partie de nos collaborateurs, mais ce n’est pas fini. Les saisonniers reviennent en Janvier pour la saison Maquereau et nous souhaitons également les embarquer avec nous.

C’est un exercice profond et qui prend du temps, l’appropriation de la nouvelle mission ne se fera pas en un claquement de doigts. Mon rôle de Dirigeante est aussi de faire de la pédagogie et de rappeler à tous quel est notre nouveau cap.

la belle iloise

  1. Quels ont été les impacts sur l’engagement des salariés en interne ? 

Quand j’ai partagé la nouvelle mission la première fois, la réaction a été : « Waouh, c’est ambitieux mais ça donne envie d’y aller. »  C’est rare que je m’adresse directement à tous les salariés ensemble, et le fait que je prenne le temps de leur expliquer, de communiquer avec eux a eu un réel impact positif. Il y a le fond et la forme, ce temps pris en direct, en face à face était nécessaire, c’est une marque de respect. Idéalement si j’avais pu me déplacer dans tous les magasins en France je l’aurais fait.

Avec cette démarche, nous travaillons beaucoup plus en transversalité. C’est par exemple la première fois que nous faisons un appel à candidatures en interne pour travailler sur des projets.

Bien sûr, tout le monde n’est pas convaincu dès la première communication. Certains se disent « j’ai envie d’y aller » d’autres sont réticents, mais ce qui est important pour le comité de Direction c’est de garder en tête que notre rôle est de s’assurer que tout le monde reste dans le bateau.

On a des profils très différents, des ouvriers, des vendeurs, des gens du marketing, des fonctions supports… donc il faut s’adapter en fonction des besoins et des attentes de ces profils.

Aujourd’hui l’entreprise a une mission. Ce qui est sûr c’est que la démarche que nous avons eue demande beaucoup d’énergie et que nous devrons continuer de communiquer à l’ensemble des salariés, et leur faire un retour sur les actions concrètes qui auront été menées.

  1. Dans quelle mesure mettre le sens au coeur de son organisation, peut avoir un impact sur la marque employeur et l’attraction des talents ? 

Nous sommes au premier exercice de communication 2020 donc nous n’avons pas encore le recul. C’est sûr que cette démarche va avoir des externalités positives et renforcer la marque employeur. La culture d’entreprise est essentielle, qui mieux que nos collaborateurs peuvent en être les ambassadeurs? En fin de saison, si nos salariés sont satisfaits et que le climat social est bon, ce sont eux qui pourront le mieux nous recommander et faire notre réputation. Nous pouvonsdéjà constater qu’en interne, cet exercice a vraiment renforcé la fierté d’appartenance à la Conserverie la belle-iloise.

  1. Comment cette nouvelle mission va-t-elle avoir un impact positif sur votre écosystème  et plus largement la société ?

Hier nous fabriquions des produits de la mer, demain nous visons à développer des moments de plaisir avec des produits sains.  Ça change tout !

Mieux se nourrir passe nécessairement par le fait de mieux manger pour la planète. Cela a déjà des impacts sur la manière d’exercer notre métier. Nous sommes déjà très attachés à nos engagements RSE et poursuivons une politique d’achats éthiques. Nous pêchons responsables mais comment aller plus loin ? Nous recyclons nos déchets, de même qu’une partie de l’eau utilisées dans nos process de fabrication, mais que peut-on faire pour notre environnement en plus ? C’est au cœur de notre stratégie.

Quand je partage nos ambitions, je les ai dans les tripes et le cœur. Je ne pourrais pas faire quelque chose dont j’ai honte, tout est transparent chez nous.

La première valeur chez nous est le respect : cela passe par le respect des individus mais également le respect de notre planète.

Quels conseils aimeriez-vous partager aux dirigeants qui souhaitent se lancer dans une réflexion similaire ? 

J’aimerais leur donner 3 conseils.

  • Ne faites pas l’erreur de réfléchir tout seul avec votre CODIR. On ne peut pas forcément associer toute l’entreprise mais c’est important d’élargir le cercle de réflexion. Le travail collectif permettra d’en faire un travail légitime aux yeux de vos équipes.
  • Oser demander de l’aide et se faire accompagner. La méthode d’un externe va vous aider à «accoucher » de la mission.
  • Enfin le plus important et presque le plus dur, c’est de penser la phase d’appropriation. Même nous, les 10 qui avons travaillé sur la mission, il nous a fallu du temps pour que l’on s’approprie complètement cette nouvelle stratégie. C’est un investissement de mettre tout le monde dans le bateau mais une entreprise ne se transformera pas sans l’énergie de tous ses collaborateurs. Je leur conseillerais donc d’accepter de prendre le temps de la pédagogie.

 

 

 

 

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