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Je ne suis pas wonderwoman et j’assume !

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Comment concilier mes envies professionnelles, personnelles et familiales ? Comment me détacher de cette pression sociale liée au fait que je sois une femme ? Quel modèle puis-je transmettre à mes enfants ?

Voilà des questions que je me suis beaucoup posées et que je me pose encore aujourd’hui. Dans cet article, je vais vous parler de choix.

Je suis maman, cheffe d’entreprise, femme, fille, sœur et amie. Je ne veux pas choisir entre mon travail, ma vie personnelle et ma famille. Mon équilibre vient d’un tout.

« Chéri, on m’a proposé un super job, c’est une opportunité que je ne peux pas refuser !»

Cette phrase vous paraît familière ? Pour ma part, j’ai eu cette discussion avec mon conjoint il y a deux ans et il a fallu faire un choix. Enfin… il a fallu plutôt accepter un non-choix, et ça, ce n’est pas simple. Je parle de non-choix, car comment dire à la personne que j’aime : non tu ne réaliseras pas ton rêve !

Ce n’est ni ma conception du couple et ni ma conception de la vie. Avoir la possibilité de réaliser ses rêves et être passionné par ce que l’on fait me semble primordial. Sauf que les rêves dans un couple, ce n’est pas unilatéral…

Alors on fait quoi ? On choisit entre les projets de l’un ou de l’autre ? Bien souvent, c’est la femme qui « met sa carrière entre parenthèses » au profit de celle de son mari. On en est encore là !? Cela me désole mais c’est la réalité. Souvent, l’argument financier est mis en avant : les hommes sont mieux payés que les femmes. Lejour où les femmes seront payées comme les hommes, le choix financier des familles ne se fera plus majoritairement au profit des carrières de nos messieurs et que nous sommes aussi face à un héritage culturel : l’homme doit subvenir aux besoins de sa famille. Aujourd’hui on observe que la place de l’homme évolue au sein du foyer. Il était très rare à l’époque de nos parents d’avoir des pères qui gèrent la logistique des enfants, chose qui est devenue courante aujourd’hui. Mais il y a encore du chemin !

D’autres couples choisissent de se lancer dans les « doubles carrières », c’est-a-dire qu’ils ne sacrifient ni leur vie professionnelle ni personnelle. Pour avoir testé ce fonctionnement, c’est extrêmement riche car on vit à 200% mais c’est épuisant ! Et c’est, selon moi, une illusion. Comment ne pas mettre en danger votre vie perso quand vous ne voyez jamais votre mari car vous bossez tous les deux comme des fous et que vous vous croisez entre deux déplacements et que vous n’avez plus le temps de voir vos amis ?!

Assumer ses choix et se détacher de la pression sociale

Pour y parvenir, première règle, la plus importante : se déculpabiliser ! On fait ce qu’on peut et surtout comme on veut !

J’ai moi-même connu une phase en « zone rouge » : ce moment où j’ai senti que j’étais allée trop loin dans l’exercice, mon cerveau était épuisé, à sec d’idées, un rien me paniquait, je pleurais tous les jours, j’avais perdu 8kg en 4 mois et je rêvais de m’enfermer seule, dans le noir sans rien ni personne à qui penser. Bref, il était temps d’agir !

La première étape a été de dire et d’accepter : c’est trop pour moi, je ne suis pas wonderwoman. La deuxième, de prendre du temps pour moi, car que ce soit dans mon couple, avec ma fille ou dans mon travail, si je suis dans le rouge, rien ne va. J’ai ainsi petit à petit repris le contrôle de ma vie et aujourd’hui tout va bien. C’est à ce moment là que : « je fais ce que je peux » est devenu mon mantra. Ce n’est pas se suffire de peu, mais plutôt accepter qu’on ne peut pas tout faire et qu’il faut choisir, prioriser et accepter cela !

La déculpabilisation passe aussi par le fait de rester forte face aux remarques sur mes « qualités de mère » car je ne prends pas mes mercredis pour les passer avec ma fille. J’assume le fait de travailler et d’aimer ça. Assumer que c’est ce modèle que je veux montrer, transmettre à ma fille. On peut croire en ses convictions, on peut oser, entreprendre, et agir pour faire bouger les choses. L’éducation ne se résume pas à ce que l’on dit, mais va au delà : un exemple que l’on transmet par ses actes !

J’ai grandi en observant le modèle de ma mère qui a réalisé une superbe carrière, faite de nombreux déplacements et d’horaires intenses, tout en protégeant sa famille. Et mon père l’a toujours soutenue. Je sais donc que c’est possible !

En tant que mère, je comprends aussi les sacrifices auxquels elle a dû se résoudre, des sorties de l’école loupées, accompagnées par d’autres parents et de la pression des autres mères qui ne travaillaient pas.

Aujourd’hui, grâce aux combats de générations de femmes, nous pouvons aller encore un cran plus loin. Nous voulons nous accomplir professionnellement, trouver du sens à ce que l’on fait tout en ayant une vie sociale et une famille : et c’est possible !

Les femmes au cœur des enjeux sociétaux ?

Le fait d’être mère à changé beaucoup de choses sur ma vision du monde. Je ne suis pas fan des étiquettes mais si être féministe c’est contribuer à construire une société plus égalitaire entre hommes et femmes pour nos enfants ? Alors oui je le suis !

Et je vais même aller plus loin : est-ce que face aux enjeux sociétaux et environnementaux auxquels nous sommes confrontés, les femmes n’ont pas les qualités requises pour relever le défi ?

Les femmes ont des qualités humaines d’empathie, d’écoute, de sens du collectif, un rapport au pouvoir très différent des hommes, et je pense que ce sont des qualités dont nous avons besoin pour reconstruire notre société.

Le débat est ouvert.

Alors mesdames, n’ayez plus peur. Soyez la mère et la femme que vous rêvez d’être. Vous ferez sûrement des erreurs, mais ce n’est pas grave, car vous aurez essayé, vous serez en phase avec vos convictions et vous ne pourrez pas regretter. Et, imaginez que vous y arriviez …

Sabrina Millien

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