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Happiness officer, effet de mode ou nouveau souffle ?

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Happiness officer, effet de mode ou nouveau souffle ?

Couteau suisse, chief happiness officer, surveillants bienveillants … Autant de noms évocateurs pour définir ce nouveau métier, à mi-chemin entre RH et animation. Si le principe est sympathique, on s’interroge rapidement sur les réelles attributions d’un « responsable du bonheur ». Petit point sur le rôle de ces nouveaux postes qui débarquent en France.

Sans surprise, c’est aux Etats-Unis qu’émerge le phénomène, dans les années 2000. Avec la mutation du monde de l’entreprise et les nouvelles attentes des générations Y et Z, le bonheur au travail devient une préoccupation managériale. Un salarié de Google crée ainsi le premier poste de chief happiness officer, intitulé  à l’époque « jolly good fellow » ( le Super bon camarade). Récemment arrivés en France, les CHO, comme on les nomme couramment, n’ont pas tous les mêmes responsabilités.

Lien social et bien-être au travail

Si les missions varient en fonction de l’entreprise, elles tournent avant tout autour de la question du bien-être. Sur le site du club des CHO[i]  – parfaitement, il existe un club – on retrouve une description de poste, dont voici les grandes lignes.

La mission première du CHO est d’instaurer une ambiance de travail positive. Pour cela, il doit mettre l’accent sur la communication, apaiser les tensions, régler les conflits ou encore réfléchir à l’aménagement des espaces de travail. Ensuite, il œuvre à l’amélioration des conditions de travail au sein de son entreprise. Que ce soit pour simplifier le quotidien de chacun, aider à mieux concilier vie privée avec vie professionnelle, ou démocratiser le télétravail. Surtout, le CHO crée du lien social. Il organise ainsi des événements, des formations, des cours de sport, des petits-déjeuners et d’autres moments conviviaux pour faciliter les collaborations et synergies. Enfin, c’est lui qui met en place les changements organisationnels et les nouvelles manières de travailler dans l’entreprise. En un mot, il est le garant de la culture de l’entreprise.

Du tiers lieu à l’entreprise, une vision différente

Selon une étude de Pôle emploi[ii], les premiers à s’emparer de ces postes sont les tiers lieux, comme les espaces de coworking, ambassadeurs de nouvelles manières de travailler. En effet, ils prévoient dans leur projet une personne clé pour gérer et animer le lieu. En plus de faire vivre son lieu, le CHO d’un tiers lieu va créer du lien entre ceux qu’il accueille au quotidien.  Il doit fidéliser ses usagers et les rassembler autour de valeurs communes, dont le collaboratif, en proposant un cadre bienveillant, dynamique et propice aux cohésions et synergies. Pour ces tiers lieux qui repensent les manières de travailler, le CHO est un catalyseur.

Depuis quelques temps, les PME et les grands groupes emboîtent le pas des tiers-lieux et intègrent la fonction CHO à leurs services marketing & communication ou ressources humaines. Toutefois, les objectifs ne sont pas les mêmes.

Au sein de l’entreprise, le CHO doit créer un terrain fertile de bonheur au travail dans une optique de productivité. Son travail consiste à attirer et recruter les talents, tout en instaurant une culture de l’entreprise. Or, le CHO est parfois réduit à un simple argument de communication. C’est ce que pointent Les Echos dans un article paru en juillet 2017 : CHO, poste stratégique ou poudre aux yeux [iii]. En effet, certaines entreprises se contentent de changer l’intitulé de postes existants en « CHO » pour se donner une image moderne. Et pourtant, un CHO ne peut pas combler une stratégie managériale inexistante. Le bien-être des collaborateurs doit appartenir à l’ADN d’une entreprise.

Donner au CHO le pouvoir d’agir

Sylvain Tillon, cofondateur de Tilkee, explique dans un papier paru sur maddyness.com[iv] l’importance de laisser au CHO la possibilité d’agir en faveur d’une véritable transformation de l’entreprise. Il ne suffit pas d’installer un toboggan, une salle de sieste, ou encore de mettre des fleurs dans les espaces pour créer du bien-être. Les entreprises qui engagent un CHO doivent être prêtes à opérer des changements radicaux dans leur management. Ce responsable du bonheur va accompagner les équipes dans une transformation de l’entreprise, inhérente aux nouvelles technologies, et les aider à centrer la stratégie de l’entreprise sur l’humain. Et cela commence par la participation de chacun à la construction de la société. Il faut alors se parler d’égal à égal, autrement dit, envisager la fin des rapports hiérarchiques.

Oublions les tables de ping pong, les consoles de jeux et autres trottinettes. La vraie révolution se situe dans la recherche de bienveillance quotidienne et la réorganisation des conditions de travail.

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[i] http://clubdescho.com/cho_remettre_humain_au_centre_strategie/ article novembre 2017
[ii] https://www.pole-emploi.fr/employeur/pourquoi-recruter-un-chief-happiness-officer–@/article.jspz?id=567822 Article de pole emploi
[iii] https://start.lesechos.fr/rejoindre-une-entreprise/actu-recrutement/chief-happiness-officer-poste-strategique-ou-poudre-aux-yeux-8851.php article juillet 2017
[iv] https://www.maddyness.com/2017/09/13/rh-non-un-chief-happiness-officer-ne-rattrapera-pas-votre-mauvais-management/ article septembre 2017

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