Le laboratoire d'idées de la Colloc

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“Bien-être au travail” Et si on reprenait depuis le début ?

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On mange “bien-être au travail”, on respire “bien-être au travail”, on vit “bien-être au travail”. Ce n’est pas nouveau, tout le monde en parle, partout, tout le temps. Y compris nous. C’est bien normal, puisque la raison d’être de la Colloc est de changer son rapport au travail, avec comme objectif de bien vivre son quotidien professionnel. Notre position, au cœur de cet espace de travail, nous a permis d’enquêter sur le sujet et de nous documenter.

Être bien dans son travail, passe par différentes actions et mises en place individuelles et en entreprises. Ces derniers mois dans Coconut, on vous parlait d’entreprise libérée, d’Happiness Officer, de collaborateurs engagés, de quête de sens, d’épanouissement. A travers les portraits de Collocs et les initiatives locales, on vous racontait des changements de vie, des volontés d’agir pour l’environnement, des envies de lien social.

Grâce aux membres du lieu et aux entreprises avec lesquelles nous travaillons, nous avons pu creuser la question du bien-être au travail et tirer des enseignements. Et aujourd’hui, nous souhaitons transmettre notre réflexion.

Tout au long de l’année, nous allons parcourir ce vaste territoire qu’est le bien-être au travail à travers quatre grandes thématiques : l’autonomie et l’action, la quête de sens, les relations professionnelles et le collaboratif, l’importance de l’environnement de travail.

Préambule : Ne confondons pas bonheur et bien-être au travail

Vous avez remarqué qu’on vous parle de bien-être et pas de bonheur. Cet état de satisfaction complète qu’est le bonheur est une expérience humaine et individuelle, stable et durable. C’est le but le plus élevé de l’existence ; le bonheur est ancré dans les gènes de l’individu, dans ses projets et ses représentations.

Certes, le travail peut contribuer au bonheur, mais il semble paradoxal de parler d’accession au bonheur dans un cadre imposé. On exigerait alors de l’individu qu’il soit heureux d’intégrer un système où il faut travailler, non par choix mais par nécessité. Pour en savoir plus sur cette question, lisez l’interview d’Eva Illouz, sociologue auteure de Happycratie.

Alors c’est quoi “être bien” dans son travail ?

Le bien-être, en revanche, est une notion sur laquelle l’extérieur – l’entreprise en l’occurrence – peut agir. “Jamais dans les entreprises françaises, les managers n’ont fait autant pour le bien-être de leurs salariés. Et paradoxe inouï ; il n’y a jamais eu autant de mal être dans les entreprises.” Dans Socrate aux pays des process, Julia de Funès évoque la volonté des managers de s’emparer de la question du bien-être, en essayant différentes méthodes. Certaines entreprises ont bien compris un point essentiel : un collaborateur bien dans ses baskets est un collaborateur plus performant. En somme, c’est du gagnant-gagnant.

On se rend bien compte, au cours de nos rencontres professionnelles, que chacun recherche quelque chose de particulier. Qu’est-ce qui fait qu’on se sent bien ou mal au travail ? Se poser la question est un bon début. C’est le moyen de repérer les problèmes et de commencer à chercher des solutions.

Nous avons réalisé différentes études*, au sein de grands groupes et auprès de notre communauté de membres, qui ont révélé quatre grands leviers qui permettent de se sentir bien au travail :

  • Être actif dans son travail, et notamment autonome (pour 82,81 % des répondants)
  • Savoir pourquoi on fait son travail (pour 73,05 % des répondants)
  • Entretenir des relations professionnelles saines (pour 60 % des répondants)
  • Évoluer dans un environnement de travail confortable et adapté à ses besoins et usages (pour 50 % des répondants)

GAGNER EN AUTONOMIE POUR MIEUX SE METTRE EN ACTION

La possibilité d’agir est donc le premier facteur de bien-être en entreprise. L’action. Être actif, auteur, à l’inverse de spectateur.  Et pour se mettre en action, nous avons besoin d’autonomie et donc de bénéficier de la confiance de nos pairs et managers. Faire confiance, ce n’est pas contractuel, c’est un don. C’est un risque que l’on prend pour la créativité et la liberté de l’autre. Sans confiance, il est difficile d’envisager de nouvelles façons de travailler.

Il s’agit d’être autonome dans un univers contraint. Cette autonomie doit donc être recréée dans un cadre donné, par le biais de solutions comme le télétravail et le flex office (absence de bureau attitré).

EN QUÊTE DE SENS

Peut-on vraiment agir concrètement et durablement si on ne peut pas répondre à la question “pourquoi je fais cela ?”.

Pour que notre travail ait du sens, nous avons besoin de nous réaliser, d’accomplir quelque chose, de concrétiser, de poursuivre une finalité. Travailler pour travailler n’a aucun sens. Lorsque l’on fait d’un moyen une fin en soi, cela n’a pas de sens. Le travail a du sens s’il est au service d’une finalité – le bien commun, la réalisation de projets personnels etc….

Or les processus dispensent nos esprits d’avoir à penser. Ils déshumanisent les organisations car ils enfouissent la finalité des moyens mis en place. En d’autres termes, lorsque l’on est trop focalisé sur la technique, on perd de vue la finalité.

Partager cette interrogation du sens permet d’avancer. Cela lève les résistances, revalorise un projet et met en exergue sa finalité.

LA PUISSANCE DU COLLABORATIF

Ne pas travailler seul mais en collaboration constitue une des variables du bien-être professionnel. Pourtant, ce n’est pas parce que les relations professionnelles sont favorisées ou facilitées qu’elles sont toujours bonnes ou saines. Ainsi, les innovations managériales passent par la connaissance de l’ensemble des salariés.

Une organisation humaine tient compte de ses singularités, de son interculturalité. Nous ne sommes pas tous “câblés” de la même manière et cela explique nos divergences d’organisation, de méthodes, d’opinions, etc. Certaines personnes savent travailler ensemble, et d’autres pas.

Apprendre à se connaître au travail permet d’apprendre à se connaître soi et à connaître les autres. Accepter qu’il n’y ait pas qu’une seule bonne façon de faire, c’est reconnaître que l’autre a forcément quelque chose à apporter et que cela va enrichir le groupe.

C’est pourquoi à la Colloc, nous facilitons les échanges entre les individus afin d’animer la communauté et permettre une meilleure connaissance individuelle et collective. Au sein de l’entreprise, c’est le rôle des managers.

Ils doivent connaître les membres de leur équipe et faciliter le lien entre eux, pour mieux travailler ensemble.

Cela renforce l’engagement d’un groupe au sein d’une organisation et favorise l’entraide. Ainsi, le covoiturage se développe, le rapport à la consommation d’énergies change, les initiatives collaboratives et innovantes se multiplient.

CONNAITRE LES USAGES ET BESOINS DE CHACUN

L’environnement de travail doit pouvoir accompagner l’accomplissement des individus, et donc leur “bien-être” dans leur quotidien professionnel.

Les besoins d’outils ou d’espaces varient d’un individu à l’autre. Travailler debout, assis, dans un espace de travail collaboratif, ou dans un bureau individuel, nos usages et nos projets déterminent nos besoins. L’environnement de travail doit pouvoir adapter ses espaces, les mettre en commun pour toute la communauté de travailleurs au sein d’une même organisation.

* L’étude citée a été réalisée par La Colloc de mars à fin juillet 2019, sur un panel de 400 pers. : 200 pers. du réseau membres de La Colloc (résidents – coworkers – autres membres) ; 200 pers. rencontrées en entreprise, notamment dans des grands groupes (D’aucy, Triskalia, Banque populaire Grand Ouest).

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